Focus

"Blue Nudes"
ITALIE
ARLES – Espace Van Gogh - place Wilson

Nus bleus est l’évolution d’une image en noir et blanc par une recherche photographique sur le nu féminin qui a débuté en 1998. Récupérer les corps des modèles qui ont été peints dans l’obscurité à l’aide de la lumière émise par une lampe de poche.

Les dalles qui composent cette série d’estampes imparfaites sont réalisées avec la technique de Cyanotype sur verre. Leurs imperfections délibérées ont tendance à confondre les coups de pinceau de la lumière avec les coups de pinceau de l’émulsion qui se propage manuellement sur le verre.

Chacune des couches bleues du nu devienne un objet unique, une image avec signes et caractéristiques qui sont impossibles à reproduire dans un autre tirage.


Blue Nudes is the evolution of a B&N photographic research on the female nude begun in 1998. In the original photos, the models' bodies were brushed into the darkness by the light of a torch.

This series plates are "imperfect" prints on glass made with cyanotype process. Their deliberate imperfection has the intent to confuse the brush strokes of light with the ones on the photographic emulsion, spread manually on glass.

Each one of them is therefore an object and a photographic image featuring unique marks, impossible to replicate.

"Vertiges"
FRANCE
ARLES – Espace Van Gogh - place Wilson

Fasciné par le mystère, je photographie des femmes mais j'ai beau les dépouiller de leurs vêtements, je n'en apprends pas plus. Au-delà de la nudité, c'est l'intimité des femmes que je cherche à saisir.

Eviter les visages, non pour rendre les femmes de ces photos anonymes, mais pour contraindre l'œil à ne les discerner que par les mouvements de leur corps.

Préférer la poésie, le flou d'un geste fugitif au piqué de la pose. Travailler certaines matières dans l'image afin de perturber le regard.

Je me veux peut-être peintre plutôt que photographe.

"À la recherche de moi-même"
ITALIE
ARLES – Espace Van Gogh - place Wilson

Ce portfolio dérive de mon envie d’immortaliser par le biais de la photographie un changement qui s'est produit dans ma vie: le déménagement dans une nouvelle ville. J’ai essayé d'entrer en communion avec l'environnement à travers les objets que la maison me faisait découvrir petit à petit.

C’est le début d’une recherche, instinctive et spontanée sur moi-même, qui traduit la nécessité d’explorer les côtés les plus obscurs de ma propre intériorité. Il s’agit d’une analyse de moi-même en continuelle évolution qui explore les méandres de ma propre âme, et qui se manifeste à travers la surface de ma peau et de mon visage.


This portfolio stems from the desire to fix, with photography, a change in my life linked to the move to a new city. I tried to reach a merger with the environment through the objects that the house made me discover.

It is the beginning of an even instinctive search to find myself, that expresses the need to explore the darker sides of myself. A look inward, in continuous movement, digging in the depths of my soul, to turn out through the surface of my skin and of my face.

"Osmoses"
FRANCE
ARLES – Espace Van Gogh - place Wilson

L’origine d’Osmoses, c’est une passion pour les femmes, toutes les femmes, associée à des errances quotidiennes et concrétisée en un hommage visuel à la féminité. La beauté insoupçonnée de femmes si différentes nous est donnée à voir par un regard aimant qui les a perçues et captées à travers des actes photographiques d’une empathie communicative.

Les corps féminins, la force vitale de leur désir et de leur combat apparaissent alors comme des beautés parallèles aux merveilles de la nature et aux objets quotidiens, sources de bonheurs. Ces osmoses s’offrent ainsi à nous avec naturel et simplicité comme pour nous dire que nous avons le droit d’ignorer les tabous et les craintes qui nous barrent l’accès à toutes les beautés proposées par la vie.

Notre œil écoute et nous entendons qu’il est légitime de combattre ce (ceux) qui nous empêche de vivre toutes les joies possibles de la vie. L’esthétisme délicatement fulgurant de ces photos semble avoir pour mission d’annihiler notre culpabilité à jouir de la vie en nous aidant à arracher nos carcans moraux destructeurs qui verrouillent nos perceptions, nos sensations et nos aptitudes.

Comme un hymne à la vie, radieux, un lumineux Carpe Diem

FRANCE
ARLES – Espace Van Gogh - place Wilson

« Les mots ne sortent pas, l’écriture est douloureuse, mon parlé est confus. Mes images font appel au passé et se cicatrisent au présent. Chaque femme porte en elle les souvenirs d’une petite fille qui cherche à grandir au milieu de repères incertains.

L’effet miroir est devenu mon seul repère. Être seule face à mon objectif me conduit à être Emmanuelle. Telle une peintre, ma chair est ma gouache, tout ce qui me vêtit ou m’entoure est ma palette de couleurs. Mon corps ne m’appartient pas, je l’utilise pour traverser le temps. L’appareil photo prend forme humaine. Il est masculin. Au début, c'était à lui que je m'adressais. Un trépied et un œil. Une façon de bien tenir debout avec ce que j’ai à lui dire et lui montrer.

L’homme s’interroge, la femme s’identifie.

Je passe par l’autobiographie pour parler de la Femme. Un être sensible, complexe et profond qui a l’illusion, la sensation déformée, d’avoir libéré sa féminité dans un monde où l’apparence est reine. C’est le passage dans l’inconnu des repères incertains qui m’intéresse… »

Il y a quelque chose de troublant dans les autoportraits. Quelque chose qui parfois peut aussi être dérangeant. Que la photographe soit plutôt jeune et jolie ne rend pas le dialogue plus facile. Juste, cela met entre elle et nous une apparente distance qui protège au premier abord. Au premier seulement.

Nous sommes ici donc dans l’intimité d’un temps de pose long, propice au flou et aux mouvements liquides et chorégraphiés, aux mèches blondes, à la dentelle blanche, aux tissus damassés, aux flammes des bougies qui dansent devant des miroirs un peu piqués, et aux couleurs chaudes du passé qui n’en finit pas de s’évanouir… Voilà pour le troublant.

Mais ce qu’il y a de dérangeant, c’est le regard. Car celle qui se photographie ici, celle qui entoure son corps des accessoires d’une féminité de peinture, ne prétend oublier ni l’appareil ni le spectateur. Elle n’est pas comédienne Elle ne joue pas. Elle se met en jeu. Elle se met en cause.

Oui, il y a vraiment quelque chose de troublant dans les autoportraits..

Quelque chose qui -étrangement- a à voir avec une certaine violence : « Allumez la lumière. Ne me laissez pas seule dans le noir ». Dans cet échange entre celle qui se regarde, celle qui nous regarde et celle que nous regardons, on peut, à l’évidence, voir un travail de séduction, et cela serait déjà bien suffisant pour construire une série plastique et intrigante, mais on peut aussi, dans chaque pli, dans chaque geste suspendu, entendre le murmure des confidences  d’une enfant, d’une adolescente, d’une jeune femme.

Car c’est se mettre en danger que de se photographier. Et si dans cette série en particulier, Emmanuelle Bousquet a choisi de maîtriser le temps en utilisant les artifices  qui furent, dès l’origine, ceux du medium, elle s’est aussi abandonnée à lui. Extrêmement construits, ses portraits racontent aussi, paradoxalement, le besoin de lâcher prise.

Dire que la lumière est ici utilisée comme la sensuelle caresse d’un pinceau semble une évidence. Emmanuelle Bousquet le sait. Nous aussi. Mais nous ne savons pas quelles larmes cette caresse doit effacer, sur quels bleus au corps ou à l’âme elle doit mettre du baume, quelles peurs la douceur doit apaiser. Peut-être au sortir de ce livre, aurez-vous une idée.

Isabelle Darrigrand

"Comme on respire"
ITALIE
ARLES – Espace Van Gogh - place Wilson

Les photos de cette exposition font partie d’un travail long et techniquement complexe.

Les moyens utilisés et mis en œuvre nécessitent beaucoup d’expérience et de compétences :

J’ai choisi cette difficile technique photographique afin de me confronter sans cesse avec moi-même et avec mes limites.

La nouveauté pour moi n’est pas tant la technologie, mais l’utilisation des différents moyens de créer quelque chose de nouveau, quelque chose de jamais vu auparavant

Toutes les images sont le résultat de prises de vues à la chambre photographique grand formats 4 x 5 et 8 x 10 ; après le développement des films, les tirages argentiques sont réalisés par l’auteur en chambre noire, selon des procédés alternatifs pour des créations uniques.

Dans des dominantes sombres, la matière est recouverte d’un voile, atmosphère où le corps est libre de ses mouvements en créant ainsi des situations inattendues en fonction de l’importance du développement

L’interaction crée avec le sujet, est révélée sur la surface photosensible.

Le thème du nu est pour moi un exercice qui libère beaucoup de respect et de concentration ; le modèle doit se sentir lui-même devant l’objectif, libre de ses postures et mouvements … « Comme on respire ».


The photographs in this exhibition are part of a long and technically complex work. Equipment used by author Davide Rossi, require a lot of experience and skills :

"I have chosen a difficult photography to confront constantly with myself and with my limitations. What is new is not the technology for me, but the concept of using any means to create something new, something I' ve never seen before "

All images are the result of experiments carried out with 4x5" and 8x10" large format cameras, the films were then developed and printed on silver gelatin with creative processes invented by the author in the darkroom, that create unique and unrepeatable works.

Dark tones where the subject is protected by a veil, atmospheres in which the body is free to move, creating unexpected situations, the shutter time becomes important and surprising even the moment when the image is revealed in the film developed.

The interaction that is created in the moment of the shot with the subject, is repeated in the printing stage with the photosensitive material :

"The theme of the nude is for me a kind to which dedicate themselves with great respect and concentration, a person must feel himself in front of the camera, totally free, poses and movements should be light, Comme on respire".

"ELINA e(s)t MOI"
FRANCE
ARLES – Espace Van Gogh - place Wilson

Pour Carmen une photo n'est pas seulement un processus technique, mais une performance où l'on peut porter un masque pour enfin se révéler. Vous éprouvez des sentiments et vous pouvez les laisser couler jusqu'à leur transfert, les laisser devenir un objet réel et tangible. Tout cela vous permet de voir l'expérience entière avec un point de vue externe.

Carmen présente sur cette exposition un travail en deux parties, la première montre un dialogue entre elle et son modèle avec, d'une part une interprétation des contes de fée et de l'imaginaire auxquels ils renvoient, d'autre part leur incarnation par Elina, le tout figé dans l’instantanéité du polaroid.

On peut également y déceler la modification de sa vision sur son corps, altérée par la réciprocité avec son modèle. On constate alors l’évolution de la représentation d'elle même à travers la vision d'une autre. La photographe et son modèle s'unissent pour s'exprimer en une image qui n'est plus tout à fait l'une ou l'autre…

"Trio pour diptyques"
FRANCE
ARLES – Espace Van Gogh - place Wilson

Au même instant, l’objectif du photographe et l’œil du calligraphe immortalisent l’ombre et la lumière d’un mouvement. Deux interprétations communes lors d’un regard croisé sur l’expression corporelle du modèle.

Bernard Pulcini est photographe ; il oriente ses expériences photographiques sur des compositions à partir de modèles vivants. Yves Dimier est calligraphe ; Il écrit des corps en mouvements avec de l’encre et des pinceaux chinois. Ils se sont associés pour composer sur un même thème, le trait comme expression ultime. Les associations photographie-calligraphie sont présentées sous forme de diptyques.

Leur collaboration comprend trois étapes qu’ils nomment parenthèses. La première parenthèse est un assemblage d’écritures calligraphiques inspirées des photographies de Bernard. Les diptyques de la deuxième parenthèse sont composés avec des photographies inspirées des encres d’Yves. Lors de la troisième parenthèse, les deux compères ont travaillé en trio et en instantané, avec le modèle.

Ils présentent à Arles le travail issu de leur collaboration, inspiré et conçu dans le même sillon énergétique. Les diptyques présentés sont comme le trait d’union majestueux entre l’éclair du déclic et le glissement du pinceau sur les fibres du papier.


At the same time, the eye of the calligrapher and the lens of the photographer immortalize the shadow and the light of the movement. Two common interpretations during the look crossed on the body expression of the model.

Bernard Pulcini is the photographer; he directs his photographic experiences on live models compositions. Yves Dimier is the calligrapher; he scribes bodies in movements with ink and Chinese brushes. They came together to compose on the same theme, the stroke being the ultimate expression. The photography-calligraphy combinations are proposed as Diptychs.

Their collaboration is developed in 3 steps named Parenthesis. The first parenthesis is an assembly of calligraphic writings inspired by Bernard’s photos. The second parenthesis diptychs are composed with photos inspired by the Yves’ calligraphies. During the third parenthesis, the 2 accomplices worked simultaneously in Trio with the model.

Presented in Arles, the work they have done together is inspired and created in the same energy groove. The diptychs presented have the same majestic link as between the flash and click of the camera or the sliding of the brush on the fibers of the paper.

"Le Kleenex"
FRANCE
ARLES – Espace Van Gogh - place Wilson

Le kleenex par nature voué à disparaitre rapidement après usage se vois attribué un rôle beaucoup plus important, celui de recueillir et présenter une image, défier le temps mais aussi d'être admiré, protégé, envié. Attention Kleenex fragile qui pourrait bien prendre la grosse tête.

C'est cette expérience que je vous invite à tenter en achetant mes kleenex. Le Kleenex, icône d'un monde du jetable s'affirme artiste. Quoi de plus provocateur que d'y déposer une image ?

Un contact cyanotype, procédé vieux comme la photo, quel revanche sur l'éphémère, le jetable, quel sensualité aussi !

"Les Odalisques"
FRANCE
ARLES – Espace Van Gogh - place Wilson

Ô voyageur, ne restez pas à la porte et entrez dans le mystère du harem ; suivez les puissantes effluves d’oud et de jasmin pour découvrir les images alanguies de ces Odalisques parées de voiles et de bijoux magnifiant leur nudité.

Ces tableaux photographiques, inspirés du courant orientaliste du XIXe siècle, sont autant d’hommages à ces femmes qui furent courtisanes, et qui malgré les préjugés et les difficultés que supposait leur condition pouvaient se révéler fortes et insoumises.

Une série qui se présente comme le fil des souvenirs de l’une d’entre elles, fière de ses atouts, maîtresse de son destin.