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Arles - Palais de l’Archevêché - place de la République
Audrey BARDOU
"15 minutes"
Par hasard un jour, j’ai croisé deux belles jambes, deux talons aiguilles qui se détachaient sur le trottoir, j’ai demandé à la propriétaire de ces jambes l’autorisation de faire un cliché.
Quelques semaines plus tard, je lui ai donné son image, et là, elle m’a proposé de l’argent pour que je continue de la photographier, offre, que je déclinais, bien sûr. Le rapport semblait inversé puisque cette personne est une prostituée.
J’étais attirée et fascinée par cette demande inattendue. Je ne sais pas comment une femme peut coucher avec plusieurs hommes en une seule journée, prendre une douche et dormir ?
C’est une femme à part qui gagne sa vie en louant son corps. Elle aime son métier, elle s’y sent bien. Elle s’appartient, et sait dire non si un client ne lui convient pas. Elle a des habitués où l’empathie est réciproque. Ses clients sont des « Monsieur tout le monde ». Son corps est son outil de travail. Il ne correspond pas aux critères de beauté féminin actuel, il n’est pas parfait, elle a des formes, des rondeurs, et des hommes payent pour la contempler, la posséder l’espace de quelques instants.
A 43 ans, elle n’est pas prête à prendre sa retraite, car ce métier lui apporte de l’argent et la satisfaction du travail bien fait, mesurée par l’orgasme du client. Elle monnaye, après une formation auprès des anciennes, son savoir-faire particulier pour les masochistes. Elle revêt sa « panoplie de professionnelle » et part travailler.
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Natasha GUDERMANE
"Nue à l’intérieur"
My photos come from dissatisfaction and speak about desires, they question such things as femininity in modern world, the search of self-identity and the possibility of satisfaction as such. This was the field where the series “Nude in interior” has grown from too.
Though the initial idea had been living in my head long before, it needed a chance to have been performed in reality, or rather a misfortune. A friend of mine was staying at my place after her husband literally abandoned her. She was in total chock –.
When I proposed a photo session, it was partly to distract her from sad thoughts and involve her in the process of creation – which, I think, is the best remedy from depression. But it was also my own narration – the accumulation of my thoughts, feelings and observations. Thus, in this series the stories of two women are interlaced.
On aesthetical level my interest was to study the interaction of the cold objects of interior and a warm female body, natural and artificial, the skin against the glass, the curves against the geometrical lines, emotion against indifference.
Mes photos sont nés d’une insatisfaction et parlent des désirs. Elles interrogent sur des sujets telles que la féminité dans le monde moderne, la recherche de sa propre identité et la possibilité d’atteindre la plénitude.
C’est dans ce contexte que s’est créée la série « Nue à l’intérieur ».
Bien que cette idée m’ait habité depuis longtemps, sa réalisation demandait une opportunité.
En l’occurrence ce fut un malheur, celui d’une amie abandonnée par son mari que j’ai dû héberger. Elle était en état de choc. Quand je lui ai proposé de faire une séance photo, c’était en partie pour la distraire de ses tristes pensées et la faire participer à un processus créatif qui, je pense, est le meilleur remède contre la dépression. Mais c’était aussi mon propre récit - l’accumulation de mes pensées, sentiments et observations. Ainsi, dans cette série, les histoires de deux femmes sont entremêlées…
D’un point de vue esthétique, mon intérêt était d’étudier l’interaction entre le corps chaud de la femme et des objets froids d’intérieur, le naturel et l’artificiel, la peau contre le verre, les courbes contre les lignes géométriques, l’émotion contre l’indifférence.
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Audrey DENIS
Carte Blanche « Regard sur le corps »
J’ai pris cette carte blanche comme un cadeau que l’on offre à quelqu’un en lui disant : « lance toi, construit ton univers et montre nous ».
Avec comme point de départ mon regard sur le corps, et mon rapport à celui-ci à démêler.
Ce travail a enrichi, en autre, ma relation à mon entourage car c’est vers eux que je me suis alors tournée.
Ensemble nous avons avancé dans la discussion jusqu’à ce qu’ils m’offrent à leur tour, carte blanche sur leur corps comme ultime marque de confiance et d’amour, comme le cadeau le plus précieux, ils me l’ont livré, sûre que le corps en dit long…
Ce travail a été réalisé avec toute sorte de boîtiers argentiques ainsi qu’à la chambre photographique pour ce qu’elle impose de lenteur et de calme, car ce que les corps disent ne s’entend que tout bas.
« Carte Blanche » est une libre expression d’artiste, donnée à un jeune talent de la photographie, parrainée par la société MMF.
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Sylvie HUGUES
"Sur la plage"
Sur la plage : les corps réels, beaux, maigres, gras, ridés, fins, sveltes, empâtés, sportifs…
Sur la plage les corps sont vrais et j’avais envie de montrer cette réalité-là. Cette diversité-là.
Ras le bol des corps siliconés et "photoshopés" que nous exhibent à longueur de pages les magazines, pas seulement féminins. Ces mannequins filiformes font des ravages parmi les jeunes filles. Certaines en quête d’une maigreur idéale finissent par y laisser la vie. Pourquoi avoir honte de son corps ? Acceptons-nous. Acceptons de regarder nos corps tels qu’ils sont.
Je suis moi-même parmi les plagistes, chair parmi la chair, et à leur niveau, je les photographie sans artifices et sans mépris depuis plus de neuf ans maintenant et toujours fascinée par ce théâtre humain.
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Laurence VERRIER
Jeux de bains
« Dans l’espace rétréci du contenant,
le corps se rassemble et s’immerge dans le liquide vital.
Naît l’intimité.
Cette concentration, loin de la contrainte,
devient support d’imaginaire.
Désir.
Les deux matières, chair et eau, s’épousent,
se mélangent, se modèlent.
Peau, poils, plis.
Indéterminé, le corps hésite, s’éprouve,
se tente dans ses multiples possibles.
De lui-même il se joue. »
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Arles - Espace Van Gogh - place Wilson
Sumiyo IDA
“Autour de l’eau…”
« …Et quelque chose de nous, de nos souvenirs inconscients, est toujours et partout issu de nos amours d’enfance, de ces amours qui n’allaient d’abord qu’à la créature, en premier lieu à la créature abri, à la créature nourriture que fut la mère…»
« …d’abord tout liquide est une eau ; ensuite toute eau est un lait. Le rêve a une racine pivotante qui descend dans le grand inconscient simple de la vie enfantine primitive.»
extrait de “L’eau et les rêves” de Gaston Bachelard
Tous les éléments de la vie ne peuvent vivre sans l’eau.
L’eau est un élément indispensable pour nous et elle influence notre vie.
Le fœtus naît dans le liquide amniotique et notre corps se souvient de cette expérience inconsciemment.
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Sandrine DEZALAY
Tout Corps d’état
Le propre de l’auteur photographe est de montrer le monde tel qu’il le voit, d’utiliser ce médium pour traduire, exposer, dévoiler sa sensibilité. Je tente de montrer les gens tel qu’ils sont, tant dans leur vie quotidienne qu’en studio.
La nudité est l’état dans lequel l’Homme présente le moins d’artifices. Il se livre tel qu’il est.
Notre peau est un témoin privilégié du temps qui passe. Les aléas de la vie nous marquent tant dans notre âme que dans notre chair. Dès lors que l’on s’attarde à le regarder, le corps et ses stigmates parlent de nous, mieux que nous ne le ferions par le verbe. Chaque bosse, creux, cicatrice ou bourrelet raconte une histoire propre à chacun.
Lorsque je mets en lumière ces corps, j’observe et capte l’histoire qu’ils me racontent. Je choisis de ne pas montrer le visage des modèles afin de donner à voir et à ressentir librement sans à priori. Le visage donne une identité au corps tandis que lorsque l’on montre le corps seul, une reconnaissance, une appropriation intime est possible.
Il me semble nécessaire que chacun puisse observer, se projeter sur un autre modèle que les icônes publicitaires et peut-être ainsi mieux s’accepter. Le seul critère de beauté que je m’impose est celui de l’esthétique du naturel.
Il paraît que ”toute vérité n’est pas bonne à dire”.Je pense que TOUS peuvent être regardés, pour et au travers leurs particularités. Que la simplicité du naturel est remarquable, empreinte de cette réalité qui fait malheureusement souvent défaut dans le panel des icônes actuelles.
Je souhaite que les gens regardent ces images et apprécient ces corps tels qu’ils sont et non tels qu’ils voudraient qu’ils soient.
The body story teller
A photographer uses photography to express, to unveil its sensibility and, consequently, its way to see the world. My work attempts to show people as they really are, without artifice: in there daily life as well as in the front of my camera in the studio.
Nudity is human original state. It is born without protection: naked. Our body, made with flesh and blood, is the witness of the time’s work, of the life’s risk who leave imprints on it as well as in our soul. If we take a little time to really look at it, the body and its stigmas tell about ourselves more than every word we could use. Every bump, every cavity and wrinkle tell each one’s story.
Thus, I work about those stories without ever present the face because I would like to give to the public the opportunity to see, to feel freely, without assumption. The face gives an identity to the body, on the other hand to see only the body may allow appropriating it ourselves.
It seems necessary to me that each one of us may have the possibility to observe beyond appearances and, may be, to make them accept there own body. Then, I impose myself only one Beauty option: the aesthetics of Nature.
I try to work about the Truth and I like to think that every one can be watch through its singularity.
I wish that people watch those photos and see those bodies as they are and no as they would like to see them be.
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Martin WIELDRAAIJER
My photography is grey. Light grey, dark. A hand stretched towards the light.
A sigh.
A press on the button, a long journey.
Human scale at two square meters. Nothing to be afraid of.
That’s what I say. Comfortable.
Independent and free.
Ma photographie est grise. Gris Clair, foncé. Une main tendue vers la lumière.
Un soupir.
Un déclenchement, une grande journée.
L’échelle humaine sur deux mètres carré. Rien d’effrayant.
C’est ce que je dis alors. A l’aise.
Indépendant et libre.
Les photos de cette exposition sont des oeuvres dites ‘libres’.
Faites sans commande, sans impératif.
Les séances sont des rencontres et des improvisations.
Rien, outre le cadre esquissé du lieu, n’est fixe.
Ce sont des rencontres basées sur interaction égale.
C’est au modèle de ‘donner’.
Le photographe observe et enregistre le caractère.
Le résultat est une diversité de formes et caractères féminins.
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Lauréat du concours international "Réponses Photo"
Grand Prix d'Auteur du Festival / Sébastien TIXIER.
Arles - Chapelle Sainte-Anne - place de la République
Jean-François BAURET
Le Festival ouvre une porte à un espace de liberté du regard et à
l’acceptation du corps et de notre corps à travers le médium de
la photographie.
Liberté de notre expression dans souvent ce
qu’il a de plus authentique tout en étant débarrassé des signes
du paraître et des images de la mode esthétisante pour laisser
monter nos émotions seules réponses à la véritable création
Jean-François Bauret
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Jean-Marc MILLIERE
Les Nouvelles Princesses
Pour Jean-Marc Millière, chaque femme est unique, d’autant plus qu’il a choisi de capturer leur silhouette au sein de leur propre environnement, et pourtant son travail garde une cohérence, qu¹il travaille en noir et blanc ou en couleur, qu¹il mette en valeur « les grains de beauté » ou les « jeux de jambe » des modèles, comme il l’a fait dans ses deux portfolios édités chez Higgins.
Exposition présentée par la Galerie POLAR+NKA*photography
www.pascalpolar.be
eric.kawan@nka-gallery.com
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Travaux d’auteurs présentés par Leica, Ilford et le laboratoire Dupon
Arles - Galerie de l'Hôtel Saint Trophime- rue de la Calade
Marc LAGRANGE
Sublimes
Photographe de mode et d’art dont le point d’attache est Anvers, Marc Lagrange consacre, depuis les années 80, totalement sa vie et son travail à la photographie.
Au fil des ans, il a développé son propre style, particulier et reconnaissable, pour capturer la beauté féminine. Il pousse la féminité sensuelle à son paroxysme, avec de nombreuses photos qui dégagent une aura sexuelle sans être explicites. Elles respirent toutes une paix intrinsèque.
Il choisit des modèles dotés d’une intense personnalité qui transparaît dans ses photos. Les regards et les gestes peuvent exprimer un langage plus clair que les mots.
Ces choix, alliés à sa maîtrise des techniques de lumière, participent à l’aspect cinématographique de son travail. Son dernier livre, « Lust », est publié sur le marché international.
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Arles - Galerie de l’Hôtel du Musée - rue du Grand Prieuré
Marc-Alain ZIMMERLI
Lilie
Un matin tôt, au rez-de-chaussée de l’hôtel de l’Amphithéâtre, j’ai croisé une belle demoiselle… je me suis dit : mais que fait cette grande brune là ? Et si c’était un modèle de Bruno ?
C’était le matin de notre déplacement aux plages tranquilles de la Méditerranée, au mois de mai. Le hasard a fait que nous étions dans le même véhicule et Lilie semblait apprécier pleinement le confort de la CX… elle dormait. Durant ce trajet j’ai cherché à structurer ma prochaine séance photo. Il faudrait aller vite, car le vent était fort et la température basse. Mes idées pour cette session étaient, vu le modèle et les conditions climatiques difficiles, d’essayer de sublimer sa féminité, les différentes matières, le vent et le froid, la mélancolie : ce sont les premières images faites en numérique en format rectangulaire avec deux boîtiers et deux optiques fixes: 35 et 50mm.
Pour la deuxième série, les images ont été faites en fin de saison dans la région des Cévennes. Là, j’ai cherché la différence des matières, l’attente, la sérénité, la sensualité. Lilie assume tout à fait sa beauté. Cette série doit son modelé et ses contrastes par l’utilisation du Hasselblad et de deux optiques 80mm et 120 mm.
La troisième série de clichés réunit diverses images faites à l’intérieur et à l’extérieur du local de traçage d’un chantier naval arlésien, puis dans les carrières des Baux de Provence, toujours au moyen format, mais en plus de l’habituel Hasselblad, un Mamiya 6 et son 50mm était de la sortie.
Tout au long de ces sessions de clichés, j’ai guidé Lilie dans ses placements, afin de faire une photo vraie, plausible et simple dans l’unique but: que le spectateur regardant mes images puisse se raconter une histoire…
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Yann FIGUEIREDO
"Nectar"
Il y a quelques mois, je cherchais un nouveau thème sur lequel travailler. J’avais arrêté la photo pendant plus d’un an, et je ne savais pas comment reprendre ma passion. C’est en écoutant, un jour un oenologue s’exprimer que je me suis rendu compte que l’on parlait u vin comme l’on parle d’une belle femme.
Il a en effet de la jambe, une belle robe, de la rondeur... Le vin eut vous faire tourner la tête, être capiteux comme la passion, il vous fait passer des moments sublimes et chaque cru est tellement différent l’un de l’autre.
Et durant tant d’années le vin et la femme ont été séparés. Au début du siècle dernier, il arrivait que les femmes n’aient pas le droit de rentrer dans les caves, car on pensait qu’elles pouvaient faire tourner le vin ! Le vin et la femme étaient faits pour se rencontrer et c’est ce que j’ai tenté de faire.
Après quelques photos, on se rend compte aisément que les courbes des femmes et celles des verres à vin sont souvent similaires. De la rondeur du verre à Bordeaux Rouge, à l’élancement de la flûte à Champagne, toute la beauté de la femme est représentée dans cet univers.
Je voudrais finalement remercier tous mes modèles. Elles posaient souvent pour la première fois, elles découvraient le monde de la photo, et elles m’ont fait confiance. Merci à toutes, sincèrement.
A la vôtre !
Yann
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Arles - Galerie de l’Hôtel de l’Amphithéatre- rue Diderot
Philippe ODDOART
"L’atelier"
La pénombre je l’ai toujours aimé, pour le partage de la lumière et la révélation du mystère.
Elle sculpte les matières dans les ombres, qui ont bien souvent, plus de force que la représentation la plus détaillée et la plus précise.
On est tous esclave de la lumière.
Je la recherche douce et caressante.
Un atelier est toujours un endroit peuplé par l’esprit des artistes du passé.
Des séances de poses se sont succédées, dans une langueur ou une tension, qui de toute façon donne à voir le monde différemment.
Les modèles se sont écorchés aux pierres froides et rugueuses, frottés aux vieux draps poussiéreux.
Elles ont montrés leurs corps, leurs visages et leurs sentiments controversés, à ces visiteurs du passé.
Souriant, de voir, que la peau frissonne toujours devant l’émotion d’un regard partagé.
Les images qui sont exposées, ont été réalisées dans un vieil atelier provençal, inaccessible à ce jour.
Le thé du Ceylan, la musique de Stephan Micus et les vieux livres entassés sur les étagères ont servis de compagnon aux prises de vue.
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Arles - Galerie Arlatino - rue de la Liberté
Bertrand FÉVRE
"Je regarde ces femmes..."
Je regarde ces femmes, plus ou moins nues, qui se glissent entre noir et blanc, m’offrir en confidence l’impudeur de leur pudeur.
Ce sont ici des moments intimes, spontanés et parfois un peu sauvages, souvent nocturnes, toujours sous tension. Tension du désir, de l’audace, de la rencontre précipitée, du jeu de l’homme et de la femme qui se défient, s’exposent, l’un par son regard, l’autre par son corps.
L’un définit l’autre en se dévoilant, au rythme des déclics qui percent le silence de la pose, sur le terrain glissant de la photographie de nu. Le corps s’esquive parfois, rebelle quand il se cache pour jouer dans l’ombre en une danse précise, attentive et muette, instinctive, où la lumière-vérité est souveraine.
L’appareil photographique reste la frontière convenue qui définit strictement les rôles : celui qui prend et celle qui donne. Images intimes et personnelles, pour la première fois offertes au regard des autres… Ce regard voyeur qui leur redonne vie et que, pour cette émotion renaissante, ressuscitée, je remercie.
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A Côté du Festival Arles - Galerie Huit - rue de la Calade
Rémi CASTELNAU
Quand nous contemplons un beau corps de femme, sculpté, peint ou photographié, il est légitime de nous demander si notre émotion provient de la beauté naturelle du corps, du talent de l’artiste ou la fusion des deux ? Quand on s’élève vers la création artistique, la frontière est parfois moins facile à discerner entre la véritable émotion esthétique et ce qui s’adresse à notre libido première. La solarisation, cette abstraction née du mélange positif et négatif, accompagné de ce trait blanc qui redessine le sujet m’a toujours émerveillé. Cette sensation de bas relief presque tactile comme la pulpe des doigts qui palpent la peau, m’a permis d’utiliser de façon franche la nudité nature simple et décomplexée de mes modèles. La Beauté pour la Beauté ?
Exposition réalisée avec la collaboration de la Galerie Dialogue
www.galeriedialogue.com
www.galeriehuit.com
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Arles - Espace Artistes Associés - place Louis Blanc
Fred ERAL
“A L’ŒIL NU…”
Ces images sont le fruit d’une rencontre avec des modèles timides, sauvages et chaleureux tout comme cette nature qui les entoure. De ces collaborations en découlent des images «monochromes» d’une journée où se mélangent ombres et lumières, formes et difformes, sel et sucre. Il ressort de cet effeuillage toute la magie avec ces modèles, métissés d’émotions et d’improvisation. Seul un regard, un œil nu, pour immortaliser cet instant de communion.
www.fred-eral.com
www.myspace.com/fred_eral
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Les Baux de Provence - Salle de Manville - Rez de Chaussée de l’Hôtel de Ville
Jean François BAURET
Le Festival ouvre une porte à un espace de liberté du regard et à
l’acceptation du corps et de notre corps à travers le médium de
la photographie.
Liberté de notre expression dans souvent ce
qu’il a de plus authentique tout en étant débarrassé des signes
du paraître et des images de la mode esthétisante pour laisser
monter nos émotions seules réponses à la véritable création
Jean-François Bauret
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Les Baux de Provence - La Citerne - place de l’Eglise
Jean TURCO
Chiaroscuro
Il n'y a rien qui me semble plus beau que les lumières de fin d'après-midi éclairant la Toscane, Ces lumières qui projettent sur des paysages paisibles et vallonnés l'ombre de cyprès dont la route inspira Carducci . Lumière magique qui habille de ses ombres les formes voluptueuses d'une terre généreuse où sont élaborés "Magari", "Camarcanda" et combien d'autres grands vins qui font briller de plaisir les yeux de nos compagnes invitées à les déguster.
Cette lumière et son ombre je m'en suis largement inspiré pour éclairer les corps féminins dont les courbes ont probablement servi de modèle lors de la création des paysages toscans. Ainsi, chaque fois que je crée ma lumière au studio, à Paris ou ailleurs, et que s'allongent les ombres et se magnifient les courbes dans des clairs obscurs évoquant les campagnes alentours Bolgheri, mes pensées bien souvent, s'envolent pour l' Italie.
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Sacha LOMBARDI
"Listen To My Photos"
Il s’agit de prendre des photos qui permettent de créer une vidéo, mais sans caméra vidéo !
La vidéo est ainsi réalisée en assemblant de nombreuses photos les unes après les autres. Une mise en scène minutieuse au moment de la prise de vue, une technique photo adaptée au concept et beaucoup de patience.
Pourquoi ce concept ? Plusieurs raisons motivent cet exercice de style ; tout d’abord il faut dire que sans images fixes pas de vidéo (il faut 24 images par secondes pour faire une vidéo).
La photo est l’unité élémentaire de toute animation ! Utiliser des photos pour mettre en scène et animer des modèles est une façon originale de pratiquer la photo de nu. La musique montée sur les images apporte une dimension complémentaire pour illustrer les scènes. Le travail collaboratif avec des musiciens crée une passerelle entre deux univers artistiques que tout rassemble autour de la photo.
La présentation de ce travail est diffusée sur des écrans mais chaque vidéo est accompagnée de tirages photos (une dizaine par vidéo).
www.arles2009.listen2myphoto.com
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Les Baux de Provence - Galerie de la Cure - place de l’Eglise
Freddy RAPIN
Le nu, comme sujet de travail, encouragé par des études d’art, m’accompagne depuis mes débuts en photographie. Il est l’état de nature que j’aime confronter avec mes images de paysages, l’état des extrêmes de l’existence : la vie, la mort, l’amour.
Il dit le temps qui passe et voit sur mes modèles, les ventres s’arrondir, les rides apparaîtrent, les blessures et/ou les bonheurs de la vie s’imprimer.
Les personnes que je photographie sont mes amies, dans leurs cadres de vie, leur temporalité et sans doute leurs humeurs au regard des miennes. Ces proches me renvoient, je pense, à cette notion rassurante qu’un corps nu, défait des artifices et des décors de mode, demeurera intemporel… et sa gravure sur papier saura faire croire à l’illusion de l’immortalité…
Elles racontent aussi sûrement nos liens ténus et évolutifs de photographiée/photographiant, inspiratrice/créateur, et nous servent des deux côtés de l’objectif pour exprimer, s’exprimer.
Mes compositions, identifiées par les prénoms des personnes représentées, n’ont d’intérêt que si elles font exister celles-ci dans leur propre vérité.
Le désir de créer des passerelles entre des mondes, des sensibilités, des époques, m’amène à associer à mes images de simples mots, des textes poétiques, comme ceux d'Emily Dickinson, Mimy Kinet que j'affectionne particulièrement, mais aussi de Jacques Prévert, Paul Eluard, Arthur Rimbaud...
Leurs écrits viennent accompagner mes images en renforçant, précisant, affinant l'association narrative des photographies.
Claude ANDREINI
MUTATION
“La donna è mobile” est le titre d’une vielle chanson italienne: “la femme est changeante” pourrait convenir comme traduction.
La première approche de la femme, pour l’homme au cours de sa vie indépendante, est sans aucun doute celui de l’attraction. La femme est un aimant puissant. Elle capte le regard comme un feu follet qui virevolte, mouvant, se proposant, se refusant, fluctuant, évanescent, mutant. Souvent on pense la saisir, la connaître. En réalité, je pense qu’elle ne se dévoile jamais complètement : une partie de chaque femme reste toujours masquée, avare de secrets enfouis, parfois inavouables ou frustrés qui émergent quand certaines circonstances les favorisent. Tout comme pour le peuple vénitien qui se cache derrière des visages de comédie pour pouvoir enfreindre les ennuyeux tabous de chaque jour, au moins pendant le court espace du Carnaval. Un masque qui aide la femme “de tous les jours” à se montrer comme elle a souvent rêvé de le faire, bloquée dans la crainte du jugement et qui pousse son plaisir jusqu’à visiter l’exposition en compagnie des amies ou du mari, sans dévoiler que c’est elle qu’ils regardent…
Ensuite, la même femme se transforme…
De fantasme érotique, elle devient mère. De maîtresse, elle devient maman.
Son corps, lascif ou agressif, léger, devient doux, lourd.
La femme devient ronde.
Paradoxalement, quand bien même elle offre de nouveau son corps à la vue des même observateurs précédents, elle devient inaccessible au désir.
La même femme, une femme différente.
La mutation dure depuis des millénaires. Elle ne changera sans doute jamais...
J’aime utiliser la toile car il me semble qu’elle favorise cette sensation de permanence, de durée. La même recherche d’intemporalité me pousse à éliminer la plupart du contexte qui entoure le sujet. La matière, crée manuellement en précédent sur la toile et la manipulation immédiatement successive au tirage visent également à donner à l’image cet aspect de fresque afin de rendre encore plus intemporels ces caractères indissociables de ”femme fatale / mère” de nos compagnes. Qui sont, comme chaque image présente, uniques.
Claude Andreini
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Les Baux de Provence - Espace Baume - Le Val d'Enfer
Bruno REDARES
Nu & Carrières
Lorsque je découvris les carrières des Baux de Provence au début des années 90, je fus immédiatement fasciné et séduit par cet univers minéral. Du Val d’Enfer, rivière végétale où émergent ces icebergs d’un autre monde, des vieilles carrières abandonnées jusqu’à celle de Sarragan - la dernière en exploitation, je décidais donc de promener mon regard photographique dans l’immensité du site tout en créant des oppositions avec un modèle.
Le corps, la pierre, l’espace, l’histoire, le passé, le présent… autant d’éléments enregistrés sur ma pellicule argentique que de mémoires gravées dans la roche.
Tel un peintre dont le travail varie selon ses périodes, le mien s’étale sur une quinzaine d’années et affiche, dans ces mêmes lieux, des images parfois douces mais souvent plus engagées.
Aujourd’hui, sans doute un juste retour aux sources pour la première présentation de ces œuvres, dans cette ancienne carrière magnifiquement réhabilitée ; je remercie très chaleureusement les différents acteurs qui en sont associés, scellant ainsi ce nouveau partenariat avec les Baux de Provence.
B.R.
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